COLLABORATION ENTRE PRÊTRES
ET FIDÈLES NON-ORDONNÉS
CITE DU VATICAN, 13 NOV 1997 (VIS). Hier, au cours d'un point de presse tenue près la Salle-de-Presse du Saint-Siège, a été rendue publique l'"Instruction sur quelques questions concernant la collaboration des fidèles laïcs au ministère des prêtres".
Signée le 15 août dernier par 16 dirigeants (Préfets, Pro-préfets et Secrétaires) de 8 dicastères (Congrégation pour le Clergé, Congrégation pour les Evêques, Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Congrégation pour le Culte divin et la discipline des Sacrements, Congrégations pour l'Evangélisation des Peuples, Congrégation pour les Instituts de Vie consacrée et les Sociétés de Vie apostolique, Conseil pontifical pour les Laïcs, Conseil pontifical pour l'Interprétation des Textes législatifs).
Cette instruction, résultat d'un travail inter-dicastères, a été signée le 15 août dernier. Elle indique en conclusion que, le 13 août, le Pape a "approuvé formellement le présent Décret général, dont il a ordonné la promulgation". Le document est aujourd'hui publié e, allemand, anglais, espagnol, français, italien et portugais.
Elle est composée d'un avant-propos, de 4 chapitres relatifs aux principes théologiques, 13 articles de dispositions et une conclusion.
L'avant-propos distingue l'identité propre des fidèles laïcs de celle des ministres sacrés et des personnes consacrées. Il souligne l'existence d'un "nouveau style de collaboration entre prêtres, religieux et fidèles laïcs" et "une surprenante floraison d'initiatives pastorales" Il constate que "collaborer ne signifie pas se substituer".
"Le but de ce document est simplement de fournir une réponse claire et autorisée aux pressantes et nombreuses demandes parvenues à nos dicastères de la part d'évêques, de prêtres et de laics qui, confrontés à de nouvelles formes d'activité 'pastorale' des fidèles non-ordonnés...ont demandé des éclaircissements". Il signale en outre le développement de "ces pratiques sont en réalité plus particulièrement présentes dans quelques régions".
L'avant-propos explique ensuite que ce document ressort d'un "travail de réflexion" inter-dicastériale et "une ample consultation... L'application fidèle du texte...est confiée aux évêques" intéressés.
Si vous voulez consulter le texte intégral de ce document, vous pouvez le lire in extenso à l'adresse de la page web suivante ou en cliquant sur les mots ci-après: http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cclergy/documents/frframe4_fr.htmVoici quelques passages de l'Instruction.
PRINCIPES THÉOLOGIQUES.
"1. Le sacerdoce commun et le sacerdoce ministériel. ... Dans l'édification de l'Eglise, Corps du Christ, la diversité des membres et des fonctions est en vigueur, mais il n'y a qu'un seul Esprit... 'Alors que le sacerdoce commun des fidèles se réalise dans le déploiement de la grâce baptismale...le sacerdoce ministériel est au service du sacerdoce commun. Il est relatif au déploiement de la grâce baptismale de tous les chrétiens'".
"On peut synthétiser ainsi les caractéristiques qui différencient le sacerdoce ministériel du sacerdoce commun des fidèles":
"a. Le sacerdoce ministériel a sa racine dans la succession apostolique et est doté d'un pouvoir sacré, lequel consiste dans la faculté et la responsabilité d'agir en la personne du Christ, Tête et Pasteur".
"b. Il fait des ministres les serviteurs du Christ et de l'Eglise, au moyen de la proclamation avec autorité de la Parole de Dieu, de la célébration des Sacrements et de la conduite pastorale des fidèles".
"2. Unité et diversification des tâches ministérielles... L'exercice par le ministre ordonné du 'munus docendi, sanctificandi et regendi' constitue la substance du ministère pastoral... Ce n'est que pour certains d'entre-elles, et dans certaine mesure, que d'autres fidèles non-ordonnés peuvent coopérer... 'L'exercice d'une telle fonction ne fait pas du fidèle laïc un pasteur'... Il faut réaffirmer cette doctrine parce que certaines pratiques, destinées à suppléer aux faibles effectifs des ministres ordonnés au sein de la communauté".
"3. Caractère irremplaçable du ministère ordonné... En effet, si, dans la communauté, le prêtre fait défaut, elle se trouve privée de l'exercice et de la fonction sacramentelle du Christ, Tête et Pasteur, essentielle pour la vie même de la communauté ecclésiale. Le sacerdoce ministériel est donc absolument irremplaçable".
"4. La collaboration de fidèles non-ordonnés au ministère pastoral... Cette collaboration a ensuite été réglée par la législation post-conciliaire et, de façon particulière, par le nouveau Code de droit canonique" (Canons 208- 223)... Afin qu'une telle collaboration prenne harmonieusement sa place dans la pastorale ministérielle, il est nécessaire que, pour éviter...des abus" on ait "une application attentive et loyale des dispositions en vigueur".
"A la lumière de ces principes, on indique ci-dessous les remèdes qui conviennent pour faire face aux abus signalés à nos dicastères. Les dispositions qui suivent sont tirées de la normative de l'Eglise".
DISPOSITIONS PRATIQUES
"Article 1. Nécessité d'une terminologie appropriée... Le fidèle non-ordonné peut être appelé génériquement 'ministre extraordinaire' seulement lorsqu'il est appelé par l'autorité compétente à accomplir, uniquement dans des fonctions de suppléance, les charges considérées par le canon 230,3 et par les canons 943 et 1112... Il n'est donc pas licite de faire prendre à des fidèles non- ordonnés la dénomination de 'pasteur', d''aumônier', de 'chapelain', de 'coordinateur', de 'modérateur' ou autres dénominations qui, quoiqu'il en soit, pourraient confondre leur rôle avec celui du pasteur, qui est uniquement l'évêque et le prêtre".
"Article 2. Le ministère de la Parole... Ce ministère est le propre de l'évêque diocésain... C'est aussi le propre des prêtres, ses collaborateurs". L'article indique aussi que les l'Eglise peut appeler les fidèles à collaborer "selon des modalités légitimes".
"Article 3. L'homélie... Durant la célébration de l'Eucharistie, l'homélie doit être réservée au ministre sacré, prêtre ou diacre. Les fidèles non-ordonnés en sont exclus... On ne peut donc admettre l'usage, pratiqué en certaines circonstances, de confier la prédication de l'homélie à des séminaristes, étudiants en théologie non encore ordonnés".
"Article 4. Le curé et la paroisse... Les fidèles non-ordonnés peuvent remplir des tâches de collaboration effective au ministère pastoral des clercs,... dans les paroisses, dans le domaine des maisons de cure, de l'assistance, de l'instruction, des prisons, auprès des ordinariats militaires, etc. Une forme extraordinaire de collaboration, dans les conditions prévues, est celle réglée par le canon 517,2".
"Article 5. Les organismes de collaboration dans l'Eglise particulière"... L'Instruction parle ainsi du Conseil presbytéral, des Conseils pastoraux diocésains et paroissiaux, ainsi que des Conseils paroissiaux pour les affaires économiques. A propos de ces trois derniers "dont font aussi partie des fidèles non-ordonnés", il rappelle que ces derniers n'y "jouissent uniquement (que) d'une voix consultative". Les curés doivent présider ces conseils paroissiaux. "Par conséquent, les décisions élaborées par un conseil paroissial réuni hors de la présidence du curé, voire contre lui, sont invalides, et donc nulles".
"Article 6. Les célébrations liturgiques... Afin de sauvegarder dans ce domaine également l'identité ecclésiale de chacun, il faut supprimer les abus de divers type qui s'opposent à la prescription du canon 907". Ce canon dit: "Dans la célébration eucharistique, il n'est pas permis, ni aux diacres ni aux laïcs, de réciter les prières, surtout pas la prière eucharistique, ou de remplir les actes propres aux célébrants". "Il est évidemment illicite, pour quelqu'un qui n'est pas ordonné, d'utiliser dans les cérémonies liturgiques des ornements réservés aux prêtres".
"Article 7. Les célébrations dominicales en absence du prêtre"... Lorsque, "en certains lieux, les célébrations dominicales sont guidées, par manque de prêtres ou de diacres, par des fidèles non-ordonnés..., le fidèle non-ordonné devra avoir un mandat spécial de la part de l'évêque... Il est interdit d'insérer dans leur structure des éléments propres à la liturgie du Sacrifice... Ces célébrations...ne remplacent pas le Sacrifice eucharistique".
"Article 8. Le ministère extraordinaire de la Communion... Les ministres ordinaires de la Communion sont l'évêque, le prêtre et le diacre... Pour que le ministre extraordinaire, durant la célébration eucharistique, puisse distribuer la Communion, il est nécessaire, ou bien qu'il n'y ait pas d'autres ministres ordinaires présents, ou bien que ceux-ci soient vraiment empêchés... Il faut éviter et faire disparaître plusieurs pratiques...: le fait de se communier soi-même comme si l'on était concélébrant..., l'usage habituel des ministres extraordinaires au cours des Messes, en étendant arbitrairement le concept de 'nombreuse participation'".
"Article 9. L'apostolat des malades... Ceux qui ne sont pas prêtres ne peuvent, en aucun cas, pratiquer des onctions, ni avec de l'huile bénite pour le Sacrement des malades, ni avec tout autre huile".
"Article 10. L'assistance aux mariages... La possibilité de déléguer des fidèles non-ordonnés pour assister aux mariages...est soumise à trois conditions. En effet, l'évêque diocésain ne peut concéder une telle délégation que dans les cas où prêtres et diacres font défaut, et seulement après avoir obtenu pour son diocèse l'avis favorable de la Conférence épiscopale, ainsi que la permission nécessaire du Saint-Siège".
"Article 11. Le ministre du Baptême: Outre le cas de nécessité, la normative canonique prévoit qu'en l'absence du ministre ordinaire, ou quand celui-ci est empêché, le fidèle non-ordonné peut être désigné comme ministre extraordinaire du Baptême".
"Article 12. La conduite de la célébration des funérailles ecclésiastiques... Il est donc souhaitable...que les prêtres ou diacres président personnellement les rites funéraires... Les fidèles non-ordonnés ne peuvent guider les funérailles ecclésiastiques que dans le cas d'un vrai manque de ministre ordonné, et en observant les normes liturgiques en la matière".
"Article 13. Nécessité d'un discernement et d'une formation adéquate: L'autorité compétente, face à l'objective nécessité d'une 'suppléance', dans les cas indiqués dans les articles précédents, a le devoir de choisir un fidèle de saine doctrine exemplaire". .../INSTRUCTION:MINISTERE/... VIS 971113 (1550)
CITE DU VATICAN, 13 NOV 1997 (VIS). Ce matin, l'Archevêque Darío Castrillón Hoyos, Pro-préfet de la Congrégation pour le Clergé, a présenté près la Salle- de-Presse du Saint-Siège l'"Instruction sur quelques questions concernant la collaboration des fidèles laïcs au ministère des prêtres".
Y ont également pris part l'Archevêque Tarcisio Bertone, Secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi; l'Archevêque Crescenzio Sepe, Secrétaire général du Comité central et du Conseil de présidence du Grand Jubilé de l'An 2000; M.Guzmán Carriquiry, Sous-secrétaire du Conseil pontifical pour les Laïcs; et Mère María Antonia Azcuñe, Responsable exécutive du Vicariat des religieuses du diocèse de Sao Sebastiao do Rio de Janeiro (Brésil).
L'Archevêque Castrillón Hoyos a rappelé aux cas dans lesquels certains laïcs assument des charges spécifiques aux prêtres, en absence de clergé. Les laïcs, a-t-il dit, "doivent savoir qu'ils sont appréciés. Ils doivent se sentir entourés de l'affection des pasteurs sacrés et des communautés", ajoutant qu'il est nécessaire que soient "sauvegardées la nature et la mission du ministère sacré, telle la vocation et la nature séculaire des fidèles laïcs. Collaborer ne signifie pas se substituer".
Il a enfin mis en relief l'importance oecuménique de ce document. "Je pense - a-t-il dit- à l'estime dont jouit depuis toujours" le sacerdoce ordonné "dans les Eglises orthodoxes d'Orient et à la découverte de ce ministère en termes sacramentaux et de sacralité que, progressivement, sont en train de découvrir aussi les communautés ecclésiales nées de la Réforme".
Un journaliste a demandé si le phénomène des "abus" des ministres laïcs pouvait être quantifié et si le document "était plus adressé aux hommes qu'aux femmes, ou à tous". Divers participants ont répondu en indiquant de manière synthétique: 1. Qu'on ne dispose d'aucuns chiffres concrets sur la question des abus des ministres laïcs, que "ce phénomène n'est vérifié que dans une faible proportion, y compris dans les cas où la collaboration des fidèles laïcs est massive". 2. Le document s'adresse tout autant aux hommes qu'aux femmes.
M.Guzmán Carriquiry a ajouté qu'il "n'y a absolument rien dans l'Instruction qui permette de soulever l'hypothèse" selon laquelle elle s'adresserait plus aux hommes qu'aux femmes.
Quant à l'Archevêque Crescenzio Sepe, il a souligné le fait que cette instruction inter-dicastères était "le fruit de 3 années et demi de travail" et qu'il s'agit du premier document vatican signé par les responsables de 8 dicastères. OP/LAICS:MINISTERE SACERDOTAL/CASTRILLON VIS 971113 (420)
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